Nouveau programme disponible le 10 septembre 2026
LA PAUSE-MASSAGE A L'HÔPITAL
A l’hôpital c’est possible ?
Prendre un peu de temps avec le malade, c’est bénéfique pour les soignants, je ne vous apprends rien. Pratiquer les gestes doux, apaisants, agréables du toucher-massage, c’est retrouver quelques instants l’envie et le bonheur de donner à l’autre, tout en rechargeant ses propres batteries, la sensation de se ressourcer.
Naturellement, encore faut-il qu’il n’y ait pas, dans le service, des habitudes tenaces empêchant de s’octroyer ces précieuses minutes de bien-être réciproque.
Dès les années 2000, avec mon équipe, nous sommes passés à la vitesse supérieure : nous proposions désormais le massage-minute entre soignants ; oui, oui entre soignants ! Cette technique, intégrée à ma formation, devait devenir un geste quotidien, aussi naturel que de se servir un café, partager un goûter, ou râler ensemble en réunion de synthèse.
La première fois que j’ai présenté cette idée, au salon infirmier dans les années 90, on m’a pris pour un doux dingue. « L’hôpital n’est pas un bordel ! » a été la réplique la plus gratinée, et probablement la plus absurde et révélatrice.
Certain(e)s craignaient sans doute, visiblement, qu’à force de se « tripoter » le personnel en oublie de soigner.
Heureusement, les mentalités ont peu à peu évolué.
Et malgré les résistances, nous avons fini par faire reconnaître cette démarche entre soignants. Nous leur enseignions le massage-minute anti-stress sur chaise, mais aussi des techniques simples de massage des pieds, du visage et de la tête.
- Six à sept minutes ? C’est rien du tout ! me disaient étonné(e)s certain(e)s.
À quoi je répondais :
Oui, mais c’est beaucoup quand on part de rien ! »
Et, comme le disait le cousin de Confucius… qui n’a jamais existé : « Qualité grande compense temps petit ! »
Nous espérions alors qu’un jour naîtrait une nouvelle culture hospitalière, où les massages entre soignants feraient partie du quotidien, une manière douce de contrebalancer la souffrance, la dureté et les contraintes du métier.
Et la suite, ma foi… m’a donné en grande partie raison !
Aujourd’hui, beaucoup de services hospitaliers s’y sont mis.
Comme quoi, même derrière les blouses, et les trapèzes tendus… il y a des cœurs.
Nota : Si cette pratique entre soignants est bénéfique à bien des égards, rappelons tout de même que l’hôpital reste une entreprise. A ce titre, son personnel tout entier a droit lui aussi de bénéficier des pauses-massage assurées par des praticiens extérieurs